Formule BMW
«La F1, c'est plus qu'un rêve!»
Pour ceux qui connaissent bien le sport automobile suisse, Gachnang est un nom qui fait rugir les moteurs depuis pas mal de temps...
Autrefois décliné au masculin avec Georges et Claude, il a cette fois son charme féminin: Natacha.
A 15 ans, la jeune Aiglonne suit les traces de son grand-père Georges, mais avec des trajectoires bien à elle. Après le titre de championne suisse de karting junior en 2001, elle est engagée cette année au championnat d'Allemagne de formule BMW junior ADAC. Nous voilà en pole position pour la découvrir.
RA:Courir une première saison en monoplace,de surcroit en Allemagne,ca change une vie ?
Natacha Gachnang: Disons que ça n'a pas toujours été facile. Surtout à l'école, car je devais souvent étudier pendant mes déplacements pour rattraper mes absences. J'étais dans une école semi-privée car avec tous les cours que j'ai dû rater, l'école publique n'était pas envisageable...
L'essentiel c'est que j'aie réussi mon année et donc fini l'école! Cet automne je commence un apprentissage de commerce au garage de mon papa.
Et par rapport à ton entourage, à tes copains?...
NG: Le sport automobile, c'est mon jardin secret, c'est mon truc à moi donc je n'en parle pas trop dans la vie de tous les jours. Si on me pose des questions, je réponds volontiers mais sinon, j'essaie de bien faire la coupure. Je ne crois pas avoir changé vis-à-vis des autres. Mes copines me soutiennent et m'encouragent.
En dehors de l'école, as-tu reçu une formation par BMW?...
NG: Oui, BMW nous organise parfois des petits séminaires pour, par exemple, apprendre à bien se nourrir. On a aussi eu des cours pour apprendre à s'exprimer, à savoir parler à la presse. Ce sont des choses qui nous servent dans notre sport mais également dans la vie de tous les jours. A côté, je fais encore des cours d'anglais à Montreux, car dans ce sport, tout le monde parle cette langue.
Dernièrement, on t'a vue dans les paddocks de la F1. Comment c'était?...
NG: Woaw... c'est superimpressionnant. C'était ma première apparition dans les paddocks, car on avait un meeting en même temps que le GP F1 au Nürburgring. J'ai donc eu la possibilité d'aller visiter le motorhome Willams-BMW et d'aller voir la voiture de près. Les structures sont énormes, c'est quelque chose d'inimaginable.
En plus, j'ai croisé plein de gens: Ralf.
Mais ça devient chaque fois plus dur: plus on monte, plus nombreux sont les bons pilotes et plus la sélection devient rude.
Alors comment vois-tu ton évolution ces prochaines années?...
NG: Il y a plein de possibilités. Pour l'instant, je vais faire une seconde saison en formule BMW junior ADAC. Après, mon objectif c'est la formule 3. Ensuite mon rêve le plus grand c'est évidemment la F1... et je suis vraiment prête à tout pour réussir quelque chose. Je dis un rêve, mais la F1, c'est encore plus qu'un rêve.
Si je te dis CEGGA, qu'est-ce que ça évoque pour toi?...
NG: Ouh là... ça fait longtemps ça! En fait ça signifie Claude et Georges Gachnang Aigle. Georges, c'est mon grand-papa, Claude c'était son frère et ils ont monté un team, Claude était plutôt là pour fabriquer la voiture et mon grand-papa pilotait.
En baignant dans un bidon d'huile dès la naissance, n'as-tu jamais été dégoûtée du sport automobile?...
NG: C'est vrai que mon papa m'a lancée là-dedans depuis toute petite. Peu à peu j'y ai pris goût mais il y a eu des passages difficiles. En particulier au début où je faisais du karting à haut niveau, j'avais parfois l'impression de rater des choses importantes avec mes copains. Mais finalement j'ai su pourquoi ça valait la peine de louper tout ça.
Etre dans une famille de passionnés comme la tienne, n'est-ce pas une pression supplémentaire pour toi?...
NG: Oui, je ressens un peu cette pression. Mais dès le moment où je suis sur la piste, elle disparaît. C'est certainement avant la course que je la ressens le plus, sachant que ma famille verra mes éventuelles erreurs! (...)
Montoya, Heidfeld, Frentzen, j'ai même vu Niki Lauda!
On t'a spécialement vue en compagnie de Ralf Schumacher...
NG: Oui, Ralf est venu nous trouver dans l'hospitality BMW junior. Il est venu faire une photo avec tous les pilotes de la formule BMW junior ADAC. On n'a pas vraiment eu l'occasion de s'entretenir avec lui, mais c'était un moment sympa... il a signé mon casque! Bon, il était un peu pressé.
Ralf a également fait du karting puis de la formule BMW. Ça ne te fait pas rêver?...
NG: C'est clair! Ça prouve qu'il y a quand même des possibilités dans cette catégorie d'évoluer et d'aller au sommet. Mais c'est aussi une question de chance: il faut être au bon endroit au bon moment. En tout cas, je dois continuer dans cette voie-là, c'est-à-dire évoluer par catégorie.